Une des qualités de l’œuvre d’art est d’être irréductible à toute forme de certitude, tant elle s’inscrit dans la célébration de paradoxes multiples. Ainsi, elle s’impose et se découvre à mesure qu’elle se dérobe et se voile. Comme la promesse d’une possible transgression, elle excite notre imaginaire à l’infini des possibles mais ne concède rien à celui qui veut la déflorer où la posséder…
 
Etrangement, c’est ce genre de réflexion que m’inspirent les œuvres de Jean-Pierre Fleury.  
                  
Je dis « étrangement » car ces propos colleraient mieux à la présentation d’œuvres abstraites. Et celles de Jean-Pierre ne le sont pas. Pour autant, peut-on affirmer qu’elles soient figuratives ? Toute l’ambiguïté de l’intention est là, dans cette facture de l’entre-deux, mosaïque colorée et prismatique qui caractérise la plupart des peintures de Jean-Pierre Fleury. Des influences se font sentir, comme celle de Miro ou de Kandinsky, mais sans jamais s’affirmer réellement. Bien-sûr, il s’agit là du travail d’un amoureux de la couleur et de l’entrelacs dont le résultat plastique semble être une invitation au voyage, d’un tableau à l’autre, d’une série à l’autre. A moins qu’il ne s’agisse simplement d’une invitation à célébrer ensemble, dans ce festoiement coloré, les mystères de notre humanité, à mi-chemin entre rêve et réalité ? Chacun appréciera…
 
 
Laurent Varlet
Artiste peintre, critique d'art, animateur de l'émission Trafic dart sur radio RGB 99.2
http://www.laurent-varlet.fr


 
 
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